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SAMEDI 28 JUILLET Université
d'été : Louis Le Floc'h est plus connu par son nom de plume, "Maodez GLANNDOUR". Venant de Saint-Maodez, fils d'un roi d'Irlande qui refusa le pouvoir pour poursuivre son œuvre de saint ermite et de Glanndour, l'eau pure ou l'eau sainte. Il laisse quelques œuvres philosophiques et de nombreux articles et bien sur ses poèmes. On ne parlait pas breton chez lui, mais son père le parlait et possédait de nombreux ouvrages en breton. La langue lui est familière et il l'apprend plus tard. Il fait de brillantes études et termine à Rome ses doctorats de philosophie et de théologie. Il apprend aussi le grec, l'hébreux et la musique. Musique qui exerce un rôle important dans son œuvre poétique tant il joua avec le rythme et le son des mots. Il est ordonné prêtre en 1932 et il est promis aux plus hautes destinées ecclésiastiques. Mais comme Saint-Maodez, son unique ambition déclarée est de devenir recteur d'une paroisse bretonnante. Il le deviendra et le restera jusqu'à sa mort. Il fait la guerre. Prisonnier il s'évade et rejoint la Bretagne. Militant, il participe au Bleun Brug, au Seiz Breur, et à Gwalarn. Il écrit d'abord "Troellennou glas" (Les spirales bleues) puis sa grande œuvre "Imram", mot gaélique qui signifie navigation. Il s'agit d'un voyage initiatique et allégorique où, d'île en île, l'Homme vit les grandes rencontres émotionnelles et philosophiques qui font sa vie. Il reprend ensuite l'ensemble de son œuvre dans "Komzoù bev" (Paroles vivantes). Ses poèmes sont tous écrits en breton et seul "Milc'hwid a serr-noz" (La petite grive au crépuscule) a été traduit brillamment par Armand Robin sous le titre "Le mauvis de proche nuit". La traduction est difficile, car outre leur puissance évocatrice, ses textes sont chargés de messages et qu'il faut de plus respecter la "musique" des mots et des phrases. Il écrit en sachant pertinemment que ses lecteurs sont nécessairement bretonnants, certainement bretons et probablement chrétiens. Dans une de ses préfaces il s'adresse ainsi à ses lecteurs : "Ame que je ne connais pas, qui regarde ces lignes et qui tourne ces pages, pense qu'un visage ami te regarde et que sa voix cherche à entrer en toi". Homme déterminé il entraîne toujours à l'effort. Ainsi quand on lui parle de la langue bretonne menacée il dit simplement : "Il faut se retrousser les manches". Toute sa poésie appelle les gens à aller à leur liberté. "A chacun de vivre son drame !" (au sens de drama). Anaïg Renault a dit quelques extraits "si bien et si beau", qu'elle a donné envie à l'assistance sous le charme de lire ou de relire les poèmes de Maodez Glanndour. Il faudrait maintenant qu'ils soient traduits pour que ceux qui ne maîtrise pas parfaitement le breton puissent en apprécier la profondeur et la magie. Peut-être Anaïg Renault le fera-t-elle ? Jean-Marc
Sochard
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