


retour page précédente
|
MARDI 20 JUILLET 2004
Susheela Raman : un soleil réchauffe le Pavillon
On attendait avec curiosité la partition qu'allait jouer Susheela Raman
qui se produisait ce soir au Pavillon. Son dernier passage en Bretagne remontait
au festival des vieilles charrues il y a deux ans, prestation très remarquée
et très appréciée. Sous le feu des projecteurs de l'actualité
musicale bretonne, elle se produira d'ailleurs au festival du bout du monde
à Crozon. C'est devant une assistance moyenne mais toute acquise à
sa cause, que la diva indienne s'est avancée sur les planches du pavillon
pour son récital. Il est vrai que la pluie battante qui tombait en trombe
depuis la fin de l'après midi en avait dissuadé peut-être
plus d'un. Bref, avec un temps à ne pas mettre une bigoudène dehors,
il fallait bien une afro-indienne pour la remplacer ! Et la chaleur du
tempo de Susheela allait leur donner raison. Ce n'est que tardivement (vers
16h30) que la diva arrivait à Quimper : "Je n'ai pas eu le
temps de visiter Quimper, s'est-elle excusée, mais promis je le ferai
demain matin !" Déjà, le ton enjoué de l'artiste
annonçait la couleur. Une journée un peu particulière,
Susheela Raman fêtant son anniversaire... à Quimper !
Les spectateurs ont pu assister à une prestation magique, les superlatifs
ne manquent pas, la belle diva, métissée, souriante, a embrasé
et réchauffé la salle du Pavillon. Variant les thèmes chers
à son répertoire entre rythmes africano-indiens et soul-musique,
elle a su faire oublier les cordes qui tombaient à l'extérieur
pour faire rentrer les rayons du soleil dans les coeurs de ceux massés
à l'intérieur, et ce par sa grâce, sa gentillesse, sa fraîcheur
et son sourire. Une symbiose avec ses musiciens aux parcours athypiques, aux
rythmes différents. Un mélange d'audace, de couleurs, d'échanges
humains, et d'amour. Le tout dans la langue de Shakespeare s'il-vous-plaît.
Of course, le public a répondu présent et a rappelé à
plusieurs reprises les musiciens et l'artiste en fin de concert. C'est un nouveau
style de musique que les festivaliers ont découvert, sur des mélodies
à l'acoustique travaillée et avec des textes forçant la
tolérance, l'humanisme et le respect de l'autre. Avec une voix à
transpercer les montagnes, elle a fait lever le public qui est resté
debout jusqu'à la fin du "chaud", l"accompagnant par des
chants et frappant des mains.
C'est en ambassadrice de la paix, forte des mélanges culturels qu'elle
a connus depuis son départ d'Inde (elle est originaire de Tamoul) pour
l'Australie, et ses voyages a travers le monde (elle vit aujourd'hui à
Londres), qu'elle a dispensé son répertoire. Les absents de ce
soir on encore eu tort, les planches du Pavillon en résonnent encore,
la grâce de Susheela Raman s'est envolé mais nous garderons le
souvenir d'une soirée auréolée olé olé de
soleil indien, au mélange conjugué de l'Angleterre et de l'Afrique,
au son des tam-tams et de l'électronique, un mixage tonitruant mais mélodieux
qui mérite bien une seconde visite. Peut-être finalement Susheela
reviendra-t-elle avec une recette celto-africano-indiennne ? La frontière
bretonne n'a aucune limite, non ?
Ronan Moallic
|